Discrimination féminine dans la construction : En quoi les femmes sont un atout sur les chantiers ?

Malgré les progrès de la société sur l’inclusion au travail, les femmes sont encore trop sous-représentées, notamment dans l’industrie de la construction. Les principales causes de démission des femmes sont le harcèlement, l’isolement et la discrimination. Elles sont également freinées par le manque d’opportunité. Pourtant, les entreprises auraient de nombreux avantages à embaucher des femmes.


La situation au Canada


D’après le bilan d’analyse de la CCQ sur l’Analyse de la situation des femmes dans l’industrie de la

construction, Comparaison entre les provinces du Canada, le Québec ne se démarque pas des autres provinces canadiennes. Seuls 12% des emplois sont occupés par des femmes dans les chantiers et les

bureaux au Québec, contre 15% en Alberta. Cette différence peut être expliquée entre autres par la richesse de la province en ressources naturelles.

Proportion de femmes occupant un emploi dans

la construction selon la province, en mai 2011


Les corps de métier où elles sont les plus représentées sont en peinture & décoration, calorifugation, et pose de revêtement intérieur. Or, il y a une réelle pénurie en charpenterie menuiserie ou en électricité par exemple. Ce sont donc des métiers d’avenir qui garantissent un emploi à long terme.


Quels sont les avantages de la femme sur les chantiers ?

Premièrement, une femme est moins exposée aux contraintes des bassins. En effet, une femme non diplômée peut obtenir un certificat de compétence avec garantie d’emploi de 150h (pour devenir apprentie 1), même lorsque les bassins de main d’œuvre atteignent une disponibilité inférieure à 30%. Elles peuvent donc être recrutées quasiment en tout temps contrairement aux hommes.

D’après les témoignages recueillis lors d’un colloque organisé par l’Association de la Construction du Québec (ACQ), une femme apporte également une ambiance et un climat de travail plus saints et respectueux. Une référence féminine sur les chantiers est appréciée et apporte un autre angle aux discussions. Elle apporte des compétences complémentaires dans l’équipe comme la minutie, le perfectionnement, l’organisation ou la motivation. Cela donne également une meilleure image de l’entreprise auprès de sa clientèle.

Enfin, nous sommes souvent discriminées par rapport au congé maternité, notamment sur les chantiers, car nous sommes immobilisées plus longtemps. Il existe plusieurs solutions spécifiques aux femmes travaillant sur les chantiers. En effet, il est possible par exemple de se financer ou demander des formations complémentaires dans les bureaux, dans l’enseignement / formation ou dans la gestion en administration. Cela permettrait aux femmes enceintes de travailler plus longtemps, avant et après leur congé sans bousculer leur rééducation physique ni allonger la durée du congé maternité. Le travail dans les bureaux, serait conjugué avec des programmes de rééducation physique, ce qui permettrait aux femmes de se réhabituer progressivement à la vie sur les chantiers.



Pour conclure, les qualités d’une femme sur les chantiers sont encore trop sous-estimées. Au lieu de les discriminer, il faut encourager les formations complémentaires pour augmenter leur niveau de compétences et éviter une division sexiste des tâches. Certains émettent l’idée d’ouvrir une école de construction ou des formations spécifiques aux femmes afin d’exploiter leurs forces qui diffèrent de celles des hommes. Cette discrimination positive serait-elle pertinente ?

Capucine Le Maire


Sources : Les données utilisées proviennent de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada (ENM), réalisée en 2011

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