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Mont Washington 2019

JOURNAL DE BORD 

JOUR 1 : Début de l’ascension

Nous commençons notre aventure à 5h du matin en partant de Montréal, en direction de la chaîne Présidentielle. C'est à 10h que notre équipe se met en marche. L’objectif du jour est d’atteindre la limite entre la zone forestière et la zone alpine. Le thermomètre affiche -27℃, la fraîcheur des montagnes se fait ressentir sur nos visages, la montée est très escarpée, la neige est profonde... Le mot d'ordre : entraide. Toute l'équipe se soutient durant les parties les plus abruptes de la montée. Nous arrivons à la zone alpine, une luminosité ambrée apparaît peu à peu ; le spectacle est magique. 

Le soleil commence à se coucher, Marie France, notre photographe en profite pour prendre un des plus beaux clichés de l’aventure. Nous assistons à un véritable spectacle : ce coucher de soleil restera dans notre esprit à jamais. Après cette première journée de marche, nous arrivons épuisés au refuge Gray Knob. Celui-ci s’apparente à un petit chalet sans eau ni électricité. A l’intérieur de cette bâtisse il ne fait que 5℃, bien qu’un poêle à bois tente tant bien que mal de réchauffer la pièce. Cette première nuit loin des froids extrêmes nous permet de nous reposer avant de rentrer dans le vif de l’action. Elle permet aussi de sécher les stocks mouillés sur le bord du poêle. La soirée prend lieu autour d’un repas chaud (boulettes de viande à la sauce tomate, accompagnées de semoule). Cette soirée n’est que réparatrice avant la dure journée qui attend notre équipe demain !

 

JOUR 2 : Une journée compliquée face à la nature 

Le départ est prévu à 7h du matin. Dès les premiers pas, nous comprenons que la journée sera longue et périlleuse. La température ressentie est de -50℃ et des rafales de vent allant jusqu’à 170 km/h frappent nos visages à pleine puissance. Ces conditions trop extrêmes limitent alors notre avancé. Il nous sera donc impossible de réaliser l’ensemble de nos objectifs prévus (ascension des sommets du Mont Adams et Mont Jefferson). Nous sommes obligés de marcher en s’arrêtant le moins souvent possible pour éviter que nos corps se refroidissent rapidement et ainsi mettent en danger notre organisme. Nos pauses sont brèves, elles se limitent à 2 min pour éviter l’hypothermie.


 

 

 

Nous empruntons ce que nous avons surnommé : « le couloir de la mort ». Un couloir étroit ne pouvant être emprunté que par une personne à la fois. C’est à cette place que nous nous sommes vraiment rendus compte de la puissance de la nature. Certains d’entre nous sont emportés par le vent et se retrouvent à terre. Nous recevons un appel par talkie walkie, l’équipe basée en bas du mont nous annonce qu’une tempête est prévue pour le soir. Il est primordial d’installer rapidement un campement pour la nuit …

Nous arrivons vers 2pm à notre nouvel objectif. Une petite place censée être à l’abri du vent pour installer notre campement. Sans perdre de temps, tout le monde s’active en pelletant le terrain. Une fois la surface plane, les tentes pourront être disposées. Seulement le vent commence à se lever et le camp n’est pas à l’abri … Les armatures des tentes commencent à se briser. La seule chance pour résister à cette nuit qui s’annonce rude est de construire des murs de neige pour se protéger du vent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les murs se dressent pendant que la nuit se couche sur la vallée. Les travaux ne nous laissent pas le temps pour manger. Durant la soirée, nous déplaçons l’équivalent de 5 tonnes de neige pour ériger les murs de 5 pieds de hauteur. Mais ceux-là ne suffisent pas …
Une des trois tentes est maintenant inutilisable car trop endommagée. La seule solution trouvée est la suivante : s’organiser en deux groupes, chaque groupe aura la responsabilité d’une tente.

 

Le premier groupe met en place un système de quart dans lequel ses membres se relayent toutes les 45 minutes pour aller soutenir les armatures de l’extérieur. Le deuxième groupe décide de soutenir la tente par l’intérieur et trouve alors des astuces pour reconsolider les armatures fébriles. Ce moment est définitivement un des plus compliqués de l’aventure. Il fait -30° hors de la tente avec des vents allant jusqu’à 170 km/h.
La tempête ne s’arrête qu’à 1 am. Les relais continuent avec des intervalles plus grandes. Malgré la fatigue physique et mentale, les esprits restent soudés.

« Devant l’adversité, l’extrême et l’imprévisible, la force du cœur demeure inébranlable. »

 

JOUR 3 : La descente 

Aujourd’hui, nous nous réveillons avec le soleil. Il est 7h du matin, nous rangeons les tentes et nous préparons à partir. Après une nuit compliquée, nous reprenons la route pour notre dernière journée de marche. Blessés et fatigués à cause des chutes répétitives, nous gardons tout de même le sourire aux lèvres en cette belle journée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une tempête est prévue à 1pm, il est alors impossible de réaliser la dernière ascension prévue : celle du Mont Washington. Rester prudents pour rentrer entier à la maison est la règle d’or ! Nous décidons alors d’entamer la descente. Sans accro, nous arrivons au pied du mont.
Notre défi s’arrête ici : la nature a été froide, mais elle a su par sa beauté réchauffer nos cœurs. Les esprits sont marqués à jamais par cette aventure qui se termine sous un beau ciel bleu ! 

AHOU !

 

Témoignage de Marie-France, reporter 

 

'' Cette phrase, notre chef d’expédition nous l’a souvent répétée au cours des derniers mois. Comme quoi toute la préparation physique, mentale et technique n’allait pas suffire. Ça allait prendre du coeur au ventre pour affronter le caractère extrême et imprévisible de la chaîne présidentielle. Mais ce n’est pas le courage qui manquait au sein de l’équipe d'Indigo Construction.


La montagne a toutefois su nous donner quelques leçons d’humilité, nous rappelant qu’elle avait toujours le dernier mot. En entrant dans la zone alpine, les conditions sont rapidement devenues hostiles, nous exposant à un temps glacial de -45°C et à des vents constants de 120 à 140 kmh, avec des rafales allant jusqu’à 175 kmh. Difficile de faire un pas devant l’autre sans être soulevés de terre ou plaqués contre le sol, même chargés de lourds sacs d’expédition. Le vent était d’une brutalité et d’une puissance inimaginable. Mais comme la violence des géants enneigés n’a d’égal que leur beauté, nous avons eu le souffle coupé par l’immensité du paysage, encore plus que par le dénivelé accidenté des pentes. De quoi récompenser tous nos efforts.

Le versant où nous avions prévu être à l’abri pour établir notre campement était exposé à de violentes bourrasques frôlant les 100 kmh. Toute l’équipe s’est alors mobilisée et pendant presque cinq heures, un véritable chantier s’est mis en branle sur la montagne. Alors que les uns excavaient, les autres étaient affairés à ériger de hauts murs de neige pour tenter de protéger les tentes. Malgré tous les efforts déployés, deux tentes sur trois ont été brisées par le vent, dont une irréparable. Mais l’équipe était loin d’être à court de solutions. Nous avons passé la nuit à faire des quarts à l’extérieur en équipes de deux pour sécuriser les tentes. Une heure et demi pour se réchauffer et tenter de dormir un peu. Quarante cinq minutes à braver le blizzard, tenir les pôles, puis faire quelques squats pour se garder au chaud. Et ce en boucle jusqu’au lever du soleil.

Devant l’adversité, l’extrême et l’imprévisible, la force du coeur de l’équipe est demeurée inébranlable. Sur les visages gercés par le froid, derrière les cagoules et les lunettes de ski, on devinait de larges sourires et des regards téméraires. Chaque pas était lourd de détermination, de persévérance et de solidarité. Chaque pas nous rapprochait les uns des autres. Chaque pas nous rendait à la fois plus fort et plus vulnérable, mais surtout plus humain. Chaque pas était en soi un sommet.
 

Et sur le chemin du retour, alors que les Montagnes Blanches disparaissaient dans les nuages, nous avons vite oublié nos muscles endoloris, nos entorses et nos engelures. Déjà, notre coeur se tournait vers le prochain défi, plus fort de cette aventure inoubliable.
 ''